L'Age du Bronze

par Laurent Crassous / Cheeky Photography  -  17 Novembre 2012, 10:09  -  #Montségur, #Age du Bronze, #Ariège, #Midi Pyrénées, #Préhistoire

Superbe hachette retrouvée dans le village de Montségur. Le tranchant s'est dégradé lors du nettoyage (pourtant méticuleux) ... Son état général laisse à penser qu'elle avait été cachée.

Superbe hachette retrouvée dans le village de Montségur. Le tranchant s'est dégradé lors du nettoyage (pourtant méticuleux) ... Son état général laisse à penser qu'elle avait été cachée.

Cette hache-spatule confirme pour le moins que dans les temps anciens, on voyageait beaucoup. L’objet, malgré de nombreuses suppositions quant à son usage, garde tout son mystère. Hache ou spatule ? Objet usuel ou objet d’apparât ou de culte ? Personne n’est en mesure de donner une réponse réaliste. La hache-spatule de Montségur a été remontée dans le godet d’une pelle mécanique qui œuvrait dans un cône d’éboulis dans les Gorges du “Caroulet” en 1961. Elle n’est pas arrivée là toute seule par hasard, bien évidemment. L’endroit à priori n’était pas un habitat, plutôt un lieu de passage. Pour l’avoir eu entre les mains, il parait évident que l’objet n’a pas été perdu. D’abord, par son poids, le propriétaire aurait remarqué le manque, puis la qualité  exceptionnelle de sa fabrication qui lui confère côté précieux laisse à penser qu’il ne s’en serait pas séparé de la hache-spatule de manière fortuite.  Alors ? ... Les hypothèses sont nombreuses. Celle qui nous semble la plus plausible pour justifier sa présence en ces lieux serait ou bien la cachette, ou alors qu’elle eût été abandonnée en offrande à une divinité de l’époque, ou encore qu’elle fût dans une sépulture emportée dans l’éboulis où elle fût découverte. Ce qui semble certain, c’est son origine Rhôdano-Valaisienne. Il existe deux modèles similaires au Musée de Fribourg, ainsi qu’une autre également semblable au dépôt de Rindoldswill. Sa datation est évaluée au Bronze moyen, soit environ 1500 ans avant notre ère.  Sa finition et sa densité ne correspondent pas à un objet du Bronze ancien. Elle a un volume de 25,3 cm3 et une masse de 236 g, cela donne donc une densité de 9,32 (pour mémoire, la densité du cuivre fondu varie de 8,80 à 8,95, celle du cuivre forgé varie de 8,85 à 8,95, et un cuivre de grande pureté a une densité de 8,57).  D’après une étude spectrographique, la hache- spatule qui nous intéresse ici comporte entre 8,5 et 9,5% d’étain, et quelques infimes traces d’or et de calcium. Sa longueur totale est de 220 mm. Elle est recouverte d’une patine noire lustrée par le temps, ce qui est plutôt rare, les patines empruntant les nuances de vert étant plus courantes. Elle est dans un état quasi parfait, et elle est le résultat d’un travail fin, de grande qualité, étonnant.  D’autres haches du Bronze ancien ont été  retrouvées à Montségur, mais celle-ci à la  particularité de venir du couloir rhôdanien

Cette hache-spatule confirme pour le moins que dans les temps anciens, on voyageait beaucoup. L’objet, malgré de nombreuses suppositions quant à son usage, garde tout son mystère. Hache ou spatule ? Objet usuel ou objet d’apparât ou de culte ? Personne n’est en mesure de donner une réponse réaliste. La hache-spatule de Montségur a été remontée dans le godet d’une pelle mécanique qui œuvrait dans un cône d’éboulis dans les Gorges du “Caroulet” en 1961. Elle n’est pas arrivée là toute seule par hasard, bien évidemment. L’endroit à priori n’était pas un habitat, plutôt un lieu de passage. Pour l’avoir eu entre les mains, il parait évident que l’objet n’a pas été perdu. D’abord, par son poids, le propriétaire aurait remarqué le manque, puis la qualité exceptionnelle de sa fabrication qui lui confère côté précieux laisse à penser qu’il ne s’en serait pas séparé de la hache-spatule de manière fortuite. Alors ? ... Les hypothèses sont nombreuses. Celle qui nous semble la plus plausible pour justifier sa présence en ces lieux serait ou bien la cachette, ou alors qu’elle eût été abandonnée en offrande à une divinité de l’époque, ou encore qu’elle fût dans une sépulture emportée dans l’éboulis où elle fût découverte. Ce qui semble certain, c’est son origine Rhôdano-Valaisienne. Il existe deux modèles similaires au Musée de Fribourg, ainsi qu’une autre également semblable au dépôt de Rindoldswill. Sa datation est évaluée au Bronze moyen, soit environ 1500 ans avant notre ère. Sa finition et sa densité ne correspondent pas à un objet du Bronze ancien. Elle a un volume de 25,3 cm3 et une masse de 236 g, cela donne donc une densité de 9,32 (pour mémoire, la densité du cuivre fondu varie de 8,80 à 8,95, celle du cuivre forgé varie de 8,85 à 8,95, et un cuivre de grande pureté a une densité de 8,57). D’après une étude spectrographique, la hache- spatule qui nous intéresse ici comporte entre 8,5 et 9,5% d’étain, et quelques infimes traces d’or et de calcium. Sa longueur totale est de 220 mm. Elle est recouverte d’une patine noire lustrée par le temps, ce qui est plutôt rare, les patines empruntant les nuances de vert étant plus courantes. Elle est dans un état quasi parfait, et elle est le résultat d’un travail fin, de grande qualité, étonnant. D’autres haches du Bronze ancien ont été retrouvées à Montségur, mais celle-ci à la particularité de venir du couloir rhôdanien